dimanche 3 août 2008

[Tourne Disque] : No Age - Nouns

Label : Sub Pop
Sortie : 5 Mai 2008
2,5/5








Je n'ai rien à dire sur l'album de No Age. Enfin non, j'exagère, il ne me laisse pas indifférent, mais j'ai relativement peu de choses à dire dessus, il ne me laisse pas différent. Je n'ai pas envie d'en dire du bien ni du mal, je n'ai rien envie de dire de spécial, juste l'envie d'en parler, allez savoir. L'album de No Age n'a pas grand chose à dire non plus et il a été fait juste pour l'envie de faire de la musique. Si vous avez mieux à faire, n'écoutez pas l'album de No Age et ne lisez pas cette chronique. Encore faut il avoir mieux à faire. Cette chronique est le parfait miroir de l'album de No Age. Tout comme Nouns n'apporte rien ou alors des pacotilles à l'histoire de la musique ou à l'auditeur ou à la préoccupation très fin de siècle de savoir l'avenir de la musique rock, cette chronique ne vous en dira pas plus sur cet album que n'importe qui n'importe où a déjà pu vous dire. Cet album répond à mon vide pseudo-journalistique par son propre creux pseudo-noise-pop-rock et vice-versa. Et, en fin de compte, on oubliera les deux au profit de choses plus intéressantes, et c'est bien naturel.

Mais pour l'heure, il faut en parler, comme il a fallu à notre duo américain faire un album après avoir fait des eps. Je suis pas obligé. Ils étaient pas obligés non plus. Les chansons de No Age sont très simples, comme une phrase sujet verbe complément. Elles se ressemblent toutes un peu. Elles mêlent facilement des ambitions pop et des riffs gentiment intellectuels. Exemple, Here should be my home. C'est très efficace, ça a tout, le rythme, la suite d'accord, les petites notes, l'espèce de mélodie. Théoriquement, c'est impeccable, c'est très bon. Mais on a aucune envie particulière de la réécouter. Multipliez ce cas de figure quatorze fois et vous avez parlé de tout l'album. Album? Succession de chansons en vrac plutôt, autant que ceci est plus une succession de phrases qu'un travail argumenté. Preuve? Le tout se clôt par Brain Burner, morceau sympathique qui se finit de manière banale. Vous écoutez cet album en aléatoire, vous voyez pas la différence. Chaque morceau peut aller vers n'importe quel autre, l'effet sera exactement le même. Parfois, on s'attend à quelque chose, on s'attend à une révélation, le début est très très long et se poursuit pas mal de temps et s'allonge et se prolonge et l'introduction dure pendant plus de la moitié du morceau et puis finalement le refrain arrive et rien. C'est juste un refrain qui ressemble au précédent. Mais comme le précédent était pas mal, celui-ci est pas mal non plus. Ce n'est pas grave.

Je pourrais, par mimétisme, faire comme No Age, je pourrais, trop régulièrement, vous citer des artistes et répéter leurs noms dans un grand name-dropping bien vu. Sonic Youth, Beach Boys, Liars, My Bloody Valentine, Animal Collective. Genres. Punk, noise, pop, rock, expérimental. Blah blah blah. Ils sont tous la, on les entend et dans le même temps, on les entend pas, on entend No Age, on entend rien. L'album est homogène dans un sens : tout les morceaux se ressemblent. Ils sont pourtant différents. Au cours de l'album, No Age se met soudain à faire des choses un peu bizarre et expérimentales et frapadingues et on se dit que c'est drôlement original et paf dans un morceau y'a juste des voix sur du larsen et pfiou on se dit que ces types là sont sans concessions et FOUS sont oh la la super fort un peu comme moi qui ici me met à écrire n'importe quoi sans ponctuation. Des gens l'ont déjà fait? C'est la finalité qui compte, peu importe, le présent importe plus que le passé. Cet album n'est pas braqué sur l'avant. Ni sur l'après. Il est braqué nul part. Je suis sur que, dans le monde, personne ne parle de No Age comme moi tout comme je suis sur que, dans le monde, personne ne fait de la musique comme No Age. Mais pour quoi faire? Avant de parler de cet album, j'ai du l'écouter une bonne dizaine de fois. Je n'arrivais pas à me faire un avis dessus. Pas parce qu'il était trop compliqué ou demandait du temps. Non, parce qu'à chaque fois, je me souvenais même plus de ce que j'avais écouté. Ça me semblait pas mal mais ça me marquait pas du tout. Ça ne provoquait aucune réaction, ça ne mettait en jeu aucun sentiment. C'est toujours pareil aujourd'hui, mais maintenant, j'ai l'impression de le connaître un peu par coeur. Tout en ayant toujours aucun avis dessus. C'est une sensation tranquillement terrifiante. Alors j'en parle pour plus avoir à l'écouter, pour figer mon avis même si il est inexistant et j'ai mis la moyenne pour qu'il me laisse tranquille.

Voilà, c'est fait et c'est tout. J'ai dis à peu près ce que j'avais à dire. J'ai beaucoup parlé de moi et je suis tombé dans la facilité, mais l'album de No Age parle aussi beaucoup de lui et se regarde un peu jouer des choses clichées. Et finalement, que ce soit après avoir écouté Nouns ou après avoir lu cette chronique, le même constat tombe, désolant et bête : il ne vous en reste rien et vous avez juste occupé un peu de votre temps. Mais nous, No Age et moi, sommes content que vous l'ayez fait avec nos machins. Nous sommes en mai 2008, nous sommes en août 2008. Il ne se passe rien de spécial.

Emilien.

lien : www.myspace.com/nonoage
Extrait vidéo de l'album :
Le clip de Eraser, si vous n'avez rien de mieux à regarder :

2 commentaires:

Anonyme a dit…

J'ai juste envie de dire à votre chronique :
Georges Perec.
Voilà.

Félix a dit…

Bien d'accord avec toi à propos de cet album, que j'ai écouté suite au buzz qu'il a provoqué grâce à sa review Pitchfork, et que j'ai oublié aussitôt !