dimanche 21 septembre 2008

[Tourne Disque] : Mogwai - The Hawk is Howling

Label : Wall Of Sound
Sortie : 23 Septembre 2008
1/5





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Ça va commencer à suffire maintenant hein. Mogwai. Les écossais pleurnichards. Il arrive un moment où il faut grandir un peu. Le post-rock aussi d'ailleurs, si ça pouvait s'arrêter, ce serait chouette, surtout maintenant que le terme ne veut plus rien dire d'autre que "tristesse-crescendo-accords mineurs-ouin ouin". Mais en attendant, oui, Mogwai. Il va être temps de dire stop les amis, il va être temps de passer à autre chose, il va être temps de splitter, de faire n'importe quoi mais d'arrêter de nous lourder tout les 20 mois avec un nouvel album qui ressemble tellement au précédent qu'on se demande si c'est pas de l'auto-reprise permanente, un genre de concept d'auto-répétition (on ne sait jamais avec le post-rock, ça permet de faire n'importe quoi).

Soyons sérieux, Mogwai est un groupe qui s'est formé il y a 12 ans. A l'époque, c'était super révolutionnaire ou je ne sais quoi de faire un groupe instrumental, de faire un groupe qui fait des morceaux super longs avec des grands crescendos qui durent trois plombes pour arriver sur un gros climax impressionnant. Y'avais déjà mieux à l'époque, on pouvait écouter Godspeed You! Black Emperor qui, si ils étaient tout aussi émotifs, avaient le mérite incontestable d'offrir une palette de son beaucoup plus diversifiée et de construire ses albums comme des ensembles homogènes. La musique de Mogwai a toujours été homogène dans le sens où elle a toujours été la même, elle a toujours joué sur les mêmes ficelles. Que dis-je? Les mêmes cordages énormes qui ont inspiré l'un des pires groupes de la décennies, les imbuvables et émos Explosions In The Sky, eux aussi toujours actifs. Et ça continue, encore et encore, albums après albums et paf, alors qu'on s'attendait à un arret des activités, non, pas du tout, The Hawk Is Howling sort, le sixième album du groupe (mon dieu déjà?) avec sa pochette moche parce que c'est des types ironiques, les titres de morceaux rigolos (I'm Jim Morrisson, I'm Dead) parce que c'est des types ironiques, et sa musique pour les automnes grisâtres parce que c'est des types qui restent sensibles. Vous allez me dire que je n'aime pas Mogwai. C'est vrai. Je n'aime pas Mogwai. Je n'ai jamais aimé Mogwai même autant le dire, ce groupe a toujours représenté pour moi tout une frange absolument insupportable du post-rock, avec des groupes terriblement premier degré qui faisaient ou, pire, font encore des morceaux façon ouragans de larmes avec toujours leurs fichues guitares éthérées-athmosphérique englouties sous une reverbération qui donne mal à la tête. Mais à chaque fois j'essaye, et à chaque fois je m'enerve parce que c'est toujours aussi mauvais et ridicule.

Comment décrire cet album? Faisons aussi simple que le groupe. Il est long. Il est toujours pareil. Le morceau d'ouverture comporte un piano super triste, un batterie qui frappe les cymbales super fort dans un rythme lent et pesant qui est toujours le même depuis les 90's, et une suite d'accord façon bande son de la fin du monde, avec à la fin un petit clavier dans l'aiguë doublé par les traditionnelles guitares qui jouent la mélodie principale. Ensuite, y'a des variantes qui tournent en rond. On a des sons electros moches dans Danphe And The Brain, y'a seulement une mini-montée dans Local Authority ce qui donne un morceau calme parfaitement inutile, y'a un gros final bruyant dans I Love You, I'm Going To Blow Up Your School qu'on a déjà entendu dans les albums précédents, mais où le mal? Et puis, parfois, encore mieux, encore pire, le groupe se permet des morceaux un peu différents. Ici, ce sera par exemple The Sun Smells Too Loud, tout en accords majeurs gracieux et niais, avec son petit orgue qui sonne comme n'importe quel groupe indé mais en moins efficace et en plus ennuyeux, parce que le morceau est, évidemment, instrumental et, évidemment, dure 7 minutes. Et l'album s'étale comme ça, pendant un petit moment que la vie ne vous rendra, puis il s'arrête et on en a rien retenu. Cet album plaira à tout les gens qui aiment Mogwai vu qu'on a ici un groupe qui fait exactement la même chose qu'avant sans apporter même une once d'originalité à l'ensemble (ah non, ça, jamais!). Si vous n'êtes toujours pas lassés de ce style devenu stérile avec le temps, alors cet album est parfait pour vous. Pour les autres, évitez cette triste perte de temps et d'énergie d'un groupe qui est de toute façon complètement surfait.

J'ai vu ces types en live, une fois, en première partie des Pixies, en 2004. A l'époque, j'écoutais pas encore de post-rock, mais le raffut ne me déplaisait pas, j'aimais les larsens, j'étais un ado de 15 ans qui s'écoute à fond European Son du Velvet Underground, et j'étais aussi triste de par mon age et donc les assauts salés de Mogwai auraient du me plaire. Ils ont commencé à jouer, et j'ai seulement trouvé ça chiant à mourir, et je me bouchais les oreilles pour ne pas entendre les grésillements de leurs guitares lourdes et fatigantes, et c'était uniquement une fois les oreilles obstruées par mes doigts que je pouvait entendre les bribes de mélodies ennuyeuses du groupe. Dieu merci, en CD, c'est beaucoup plus simple, il suffit d'appuyer sur stop pour ne plus subir la douloureuse épreuve qu'est l'écoute de ce groupe totalement has-been qui ne fait plus pleurer que des trentenaires rabougris ou des post-ados pleurnichards qui n'ont rien de mieux à écouter.

Emilien.

un lien, un kleenex : www.myspace.com/mogwai
Lien vidéo de l'album :
Si vous voulez entendre en version live I Love You I'm Going To Blow Up Your School, et si vous voulez de la grosse montée bien grasse dont on imagine déjà la fin dès le début, c'est juste en dessous.

21 commentaires:

François a dit…

Même s'ils s'étaient un petit peu diversifiés avec des parties de chant pas désagréables sur Rock Action et Mr Beast, ce groupe est vraiment en déclin depuis longtemps, et la lecture de ta chronique ne rend même pas triste (mieux, elle est plutôt rigolotte), car ils ne donnent même plus envie d'avoir espoir en eux. Là ils touchent vraiment le fond, ils retournent 10 ans en arrière et fond une musique impersonelle au possible (le Batcat EP sorti quelques semaines avant est encore pire).

duckfeeling a dit…

Je crois qu'Oasis est encore plus intéressant que Mogwai, c'est dire.

Lars a dit…

Bravo pour cette critique !

Emilien a dit…

c'est vrai en plus. Mogwai est au post-rock ce qu'Oasis est au pop-rock : un groupe dont les premiers albums ont été surévalués, avec une musique premier degré, des types insupportables, une discographie qui est devenue une succession d'albums ridicules, une même haine pour le groupe blur, et le fait que - souvent - des idiots dans les journaux sont persuadés que ces types ont encore une quelconque valeur et qui trouvent leur dernier album super et disent que c'est un "retour au source bah bah bah".

AU SECOURS.

baby genius a dit…

uhuh.

Nighttime a dit…

Encore un gosse qui s'imagine avoir tout compris à la musique.

Emilien a dit…

Encore un vieux ronchon qui s'insurge quand on attaque ses groupes préférés has-been.

parpaing a dit…

Un groupe has-been ça veut dire quoi? Parce que plus personne n'écoute un groupe ça veut forcément dire qu'il est mauvais? Car il y a un lien évident entre qualité et ventes d'albums? C'est vrai que Mogwai c'était vraiment un groupe ultra connu pendant son heure de gloire... ou pas.
Cet album n'est pas transcendant, mais c'est du bon Mogwai, certes il ressemble à leurs précédentes compositions, mais c'est finalement un album de qualité, même si à la première écoute il ne m'avait pas emballé.
Dire qu'explosions in the sky est un des pites groupes de post rock, c'est tout simplement ne pas aimer le post rock, point.
Donc pourquoi chroniquer des albums de groupes / genres que l'on déteste? Je n'aime pas le reggae, je ne vais pour autant pondre un pavé pour dire le reggae c'est de la merde et ça ne plait qu'aux hippies de merde et aux chomeurs drogués.
On a le droit d'aimer la musique belle, gracieuse, aérienne et mélancolique, sans être un emo.
Tu trouves leur musique pleurnicharde, mais la musique instrumentale, et tout particulièrement le post rock peut être perçue comme mélancolique, apaisante, jubilatoire... Elle influe sur l'état d'esprit et l'état d'esprit de l'auditeur influe sur la réception de la musique. Les sentiments ressentis ne sont pas toujours les même pour un même morceau.
Bref, cette critique est vraiment à chier.

duckfeeling a dit…

Oui, le ton de cette chronique a de quoi irriter si l'on apprécie Mogwai. Je crois que nous sommes tous d'accord pour dire que ventes d'albums ne riment pas avec qualité. C'est d'ailleurs un constat assez triste mais tu as tout à fait raison là-dessus, Parpaing.

Néanmoins, je défendrais l'auteur de la chronique en disant que le problème de The Hawk Is Hawling ne vient pas du post-rock mais très clairement de Mogwai. Dieu merci, Explosions In The Sky n'est pas l'archétype du genre ! Ce groupe est agréable mais il repose sur des recettes et des ficelles assez grossières, c'est en quelque sorte un post-rock simplifié voire FM par moments. Leur musique ne prend pas de risques et se contente de présenter encore et encore la structure "intro en arpèges calmes, crescendo, explosion et déluge de guitares". Mais résumer le post-rock à cela, c'est justement ne pas l'apprécier à sa juste valeur ! C'est très réducteur et ça exclue les groupes qui, à mon avis, ont fait le plus évolué le genre : Slint, GY!BE, Do Make Say Think, voire Fly Pan Am ou June Of 44. Et le problème de Mogwai est le même qu'Explosions In The Sky : il s'agit d'un groupe paresseux qui se contente de bien peu. C'est encore plus flagrant sur Mr Beast et ce dernier album où chaque morceau repose sur les mêmes poncifs. Jamais le groupe ne cherche le frottement, l'éloignement de la structure, l'innovation sonore, il se contente de jouer ce qu'il sait le mieux jouer et sans se poser de question. C'est tout l'inverse d'un groupe comme Silver Mt. Zion qui se veut remuant et émouvant par l'écorchement, la sueur et la mise en musique de sentiments profonds et sincères. Le Mogwai nouveau semble être un groupe d'adolescents qui chercherait à singer le Mogwai d'il y a dix ans !

Et je suis à peu près certain que le chroniqueur Émilien n'a rien contre la musique "emo", ou disons évocatrice d'émotions fortes. La musique de Silver Mt. Zion, pour garder ce même parallèle, est certainement plus emo encore que The Hawk Is Howling mais sa force est de l'être sans facilité, avec une qualité d'écriture bien plus forte que celle de Mogwai. Mogwai n'a justement rien de gracieux et d'aérien, leur son est balourd et leurs compositions ampoulées !

Après je peux comprendre que lorsque l'on est amateur du groupe, la chronique soit énervante parce qu'elle est remplie de vannes. Mogwai n'est pas plus has-been qu'Oasis ou même MGMT (et oui, déjà) mais le problème vient du fait qu'il officie dans un genre censé être exigeant et novateur. Et le groupe se caricature lui-même et c'est en cela qu'il est un peu risible. Ce qui n'empêche pas le fait qu'ils aient pu sortir quelques albums importants et fondateurs du genre. J'avoue adorer My Father, My King quand je suis dans l'humeur !

Emilien a dit…

Duck Feeling a absolument résumé le fond de ma pensée. Je le dis dans ma chronique : c'est une certaine forme de post-rock qui est insupportable et pas LE post-rock (qui est aussi le genre de groupes comme Slint, Do Make Say Think ou Gastr Del Sol, groupes bien meilleurs que les très mauvais Explosions In The Sky qui ne sont pas représentatifs, et dieu merci, de tout le post-rock, ce serait comme dire qu'Oasis résume tout le rock), et je critique cette forme là, la forme "à la Mogwai" qui ne vit plus qu'en s'autoparodiant.

"Le Mogwai nouveau semble être un groupe d'adolescents qui chercherait à singer le Mogwai d'il y a dix ans !" : c'est exactement ça. Ce que j'ai voulu critiquer ici, c'est un groupe immobile qui fait toujours la même chose dans un genre lourdingue totalement éculé et qui semble quasi-réactionnaire tant il ne progresse pas.

A la question "pourquoi dire du mal dans une chronique d'un groupe/genre qu'on aime pas?", je n'ai absolument aucune réponse tant cette interrogation me semble hors de propos. Il ne manquait plus qu'un "c'est facile de dire du mal mais vous seriez incapable de le faire vous!" et c'était parfait. Ça s'appelle la critique. Je n'ai uniquement dit "ouais, c'est trop nul Mogwai, poubelle". Je pense avoir donné mes raisons. C'était peut-être "à chier", mais c'est le principe.

Ma chronique était polémique et je comprend qu'elle agace (c'est bien, cela provoque des reactions bien qu'il soit dommage que les albums dont je dis du bien en provoquent moins) mais apparement, cette chronique, vous ne l'avez pas lue, ou alors mal comme le confirme les reflexions sur la relation reconnaissance/qualité ou la critique de la "musique qui procure des émotions", choses que je n'ai absolument pas dites, mais que vous avez cru lire sous l'effet de l'enervement sans doute. Vous avez seulement cru que je m'étais embeté à écrire 70 lignes rien que pour taper sur Mogwai.

Ce n'est pas le cas.
Ce n'est pas grave.
On s'en fout.
Des bisous pour les fans de Mogwai.

Emilien.

parpaing a dit…

"Godspeed You! Black Emperor qui, si ils étaient tout aussi émotifs, avaient le mérite incontestable d'offrir une palette de son beaucoup plus diversifiée et de construire ses albums comme des ensembles homogènes."

Quand je lis ça, j'ai l'impression qu'il y a un certain parti pris contre la musique qualifiée "d'émotive" ce qui caractérise quand même le post rock. Du genre: GYBE! avait le défaut de faire de la musique "émotive", mais au moins c'était original. Des groupes comme Godspeed, Silver mt Zion, Do, make, say, think, Kwoon et bien d'autres sont des groupes dont la musique prend aux tripes, qui s'écoute mais qui se vit également. Et n'est ce pas le but de la musique, de susciter et provoquer des émotions et / ou la réflexion chez l'auditeur?
Ma remarque quand au fait de critiquer un genre que vous semblez ne pas apprécier est tout à fait valide: "Le post-rock aussi d'ailleurs, si ça pouvait s'arrêter, ce serait chouette"
En partant de ce constat, je vois mal comment la critique peut avoir un semblant d'objectivité. C'est comme dire: "je déteste les films de zombies, je vais donc chroniquer le dernier Romero, alors, le film est nul, parce qu'il y a des zombies partout, et j'aime pas les zombies." Ce genre de démarche n'a, à mon humble avis, aucun sens.

Il n'y a la aucun parallèle avec "l'argument" de ne pas être en mesure de critiquer car on est pas capable de faire mieux. J'ai lu attentivement la chronique, et je la trouve juste trop sévère, l'album est correct. Je préfère un groupe comme explosions in the sky, Mogwai ou encore God is an astronaut, qui utilisent peut être de grosses ficelles mais qui font preuve de musicalité, plutot que des groupes commes set fire to flames par exemple, qui à force d'expérimentations n'aboutissent qu'à du bruit. Devoir supporter du vacarme jusqu'au prochain véritable morceau, je trouve ça assez fatiguant.

François a dit…

"Ma remarque quand au fait de critiquer un genre que vous semblez ne pas apprécier est tout à fait valide: "Le post-rock aussi d'ailleurs, si ça pouvait s'arrêter, ce serait chouette"
En partant de ce constat, je vois mal comment la critique peut avoir un semblant d'objectivité. C'est comme dire: "je déteste les films de zombies, je vais donc chroniquer le dernier Romero, alors, le film est nul, parce qu'il y a des zombies partout, et j'aime pas les zombies." Ce genre de démarche n'a, à mon humble avis, aucun sens."

Ce n'est pas le post rock dans son integralité qu'Emilien dit ne pas aimer, mais bien un pan de ce genre qu'il considère comme étant en déclin et qui ne fait plus que s'autocaricaturer depuis quelques années. Tu n'es pas forcément censé le savoir, mais il aime par exemple beaucoup les Godspeed, et adore même le dernier Silver Mount Zion sorti cette année.
Donc en soi Emilien est interessé par le post rock, et il fait part dans sa critique d'un groupe qu'il considère comme mineure, des dérives actuelles de ce genre, et l'explique comment et pourquoi. Bref pour moi il donne juste un avis nuancé sur un genre qu'il connait bien.

Emilien a dit…

Bon, mettons que je me sois mal exprimé dans ma chronique (je ne le crois pas vraiment, mais admettons) autant donc redonner clairement ici mon point de vue.

Quand je dis "Le post-rock aussi d'ailleurs, si ça pouvait s'arrêter, ce serait chouette...", il faut aussi lire la suite de la phrase pour bien comprendre mon avis : "...surtout maintenant que le terme ne veut plus rien dire d'autre que "tristesse-crescendo-accords mineurs-ouin ouin". Le post-rock, à la base, ce n'était pas que ça. Maintenant, par abus de langage et carence d'idées, ce n'est plus que ça. C'est donc, dans l'absolu, UN pan du Post-rock qui pour moi devrait vraiment penser à s'arrêter ou à évoluer, le pan dans lequel oeuvre Mogwai. Mais c'est ce type de musique là qu'on qualifie aujourd'hui par abus de langage "Le Post-Rock", abus de langage que j'ai employé aussi dans ma chronique par simplification. Alors ensuite, on peut dire "oui mais alors pourquoi attaquer un pan d'un genre que vous n'aimez pas?". Et bien justement parce qu'il vient à la base d'un genre que j'aime (j'ai beaucoup écouté de post-rock, et le dernier Silver Mt Zion est pour moi l'un des meilleurs albums de l'année), parce qu'à la base j'aime ce concept de montées mélodramatiques instrumentales, mais parce que maintenant, cela n'est plus qu'un prétexte à des morceaux tous similaires.

Le but de la musique (vaste débat) est effectivement de provoquer des émotions, et je suis le premier à chercher ça quand j'écoute de nouveaux artistes. Cependant, l'émotivité mise en oeuvre par Mogwai, et par extension dans le post-rock AU SENS FERMÉ-CLICHÉ DU TERME, je le répète (donc dans le sens "post-rock à la Mogwai" ou "à la Explosions In The Sky") est pour moi une émotivité qui ne me touche pas du tout, marchant sur des gros effets trop entendus et un manque de délicatesse absolument flagrant. Que cela marche avec vous, c'est très bien, mais avec moi ça me semble absolument raté et boursouflé. L'exemple de GY!BE a ici pour but de dire que pourtant, dans le même type d'émotions (musique qui "se vit", qui "prend aux tripes" etc.) d'autres groupes ont réussi parfaitement leur coup en évoluant, en offrant des choses différentes (y'a bien plus de richesses dans les orchestrations du GY!BE que chez Mogwai) et originales, et en réussissant à faire passer ainsi une émotion, mais sous une forme bien moins pompière.

Alors certes, la critique est sévère, bien sur, c'est pas le pire album de l'année (non, ça, c'est l'album de of montreal), mais il faut voir cette chronique comme un espèce de coup de gueule contre ce sous-genre stérile et ces groupes eunuques. Vous voyez mal ensuite avec cet état d'esprit "comment la critique peut avoir un semblant d'objectivité" : en même temps, c'est une critique hein, un truc subjectif. donc c'est normal. Je ne fais que donner mon avis qui ne vaut rien basée sur ma modeste connaissance du post-rock en général. Et ensuite, on peut bien sur en discuter, comme on le fait ici. Si je ne dis pas de mal de films de Romero ou du reggae (choses qui ne m'attirent pas effectivement), c'est parce que je n'en regarde/écoute pas. Le post-rock, j'en ai écouté et j'en écoute toujours. Je me targe donc de pouvoir effectivement dire que le dernier album de Mogwai est mauvais car il est le recrachage routinier d'une orthodoxie post-rock qui est pour moi en pleine décomposition.

Enfin, je ne relèverais pas la réflexion sur Set Fire To Flames qui taxe ce groupe de "bruit". Je ne suis moi même pas vraiment fan de ce groupe qui fait des albums un peu trop paresseux à mon goût qui se complaisent dans du drone vide et de l'ambiance lugubre, mais parler de "bruit" en opposition à la "musique" est pour moi une chose que j'ai toujours refusée. Mais c'est un autre débat.

Emilien.

parpaing a dit…

Ok, à la lecture de ces précisions je comprends vos points de vue. Pour moi Mogwai c'est de l'easy listening du post rock, mais pas dans le sens péjoratif du terme. C'est simple et très accessible, en musique de fond ça passe très bien et généralement ça "plait" à tous les gens qui écoutent. Après, il est vrai qu'ils n'expérimentent pas beaucoup (du tout?) et je suis le premier à dire qu'ils se plagient eux même mais ça reste néanmoins agréable à l'oreille.

Rémi a dit…

Tu ne t'es pas mal exprimé Émilien, c'est un bon article. J'ai que vaguement écouté Mogwai y'a un fameux bail, je n'ai rien à foutre de ce groupe, et pourtant j'ai lu ta chronique du début à la fin, parce qu'elle est bien écrite et assez bien pensée. Pas que je sois d'accord avec ce que tu écris, j'ai pas écouté l'album, mais elle est bien pensée dans le sens où la réflexion est intéressante de même que son cheminement, pas pour des questions de "tu as raison ou tu as tort" dont tout le monde se fout (tous les gens sensés en tout cas, ceux qui ne lisent pas une critique en se disant "Vu que j'aime, s'il a pas aimé je vais trouver ça pourri", ou "Vu que je déteste l'album, s'il a aimé je serai dég"). Donc à part pour les gens de parti (qui défendent leur paroisse, c'est la majorité, les gens qui viennent t'insulter parce que tu as dit du mal d'un truc qu'ils aiment bien, on les appellera pour l'occasion: les clébards), ton article est très bon.

Rémi a dit…

P.S.
Ce sont ces mêmes gens (y'en a des milliards) qui viendront toujours dire au critique qui dit ce qu'il a pensé (de mal) d'une oeuvre: "Si t'aimes pas pourquoi t'en parles ?". C'est une philosophie comme une autre. Qui consisterait à devoir ne jamais s'exprimer sur les choses que l'on trouve médiocres. Où irait le monde si cette idéologie s'emparait de tous ? Tristes sires.

La critique positive est souvent plus constructive il faut bien l'avouer. Mais enfin tout ou presque devient médiocre et qu'il n'y a plus ou de moins en moins de contre-pouvoir, il est temps d'élever la voix. Je ne sais pas si le constat est si alarmant en musique (je me réfère à ce que je connais un poil mieux, le cinéma), vu qu'en musique y'a à peu près 12 000 milliards d'albums qui sortent chaque jour.

Emilien a dit…

ah, rémi, rémi, ce que tu me dis ici me touche beaucoup (parce qu'en matière d'écriture, tu m'as inspiré, et pas qu'un peu) et je suis totalement d'accord avec toi. la critique positive est éminemment plus constructive, mais si on ne parlait que des bonnes choses, on n'aurait pas l'impression que celles-ci sont rares (et elles le sont, ne l'oublions pas).


Sinon, je suis bien content que nous ayons réussi à nous comprendre Parpaing. Comme quoi, la discussion permet parfois de résoudre les ambiguïtés d'un discours!

Benjamin F a dit…

Salut Emilien,

Je viens de publier sur le site du RLM, l'autre blog dont je m'occupe une chronique du Mogwai qui est fondée sur la tienne ;)

http://www.ricardsa-livemusic.com/blog/2008/10/mogwai-hawk-is-howling.html

J'espère que ça te fera marrer.

A+
Benjamin
www.playlistsociety.fr

Emilien a dit…

Oh!, ça m'a non seulement fait rire, mais cela m'a aussi fait plaisir de voir qu'un fan (ou ex-fan) de mogwai puisse prendre ma chronique avec humour et y trouver matière à en faire une autre, j'en suis même flatté benjamin! merci merci!

Julien Lafond-Laumond a dit…

Bon sang que je n'aime pas cette critique, bourrée d'une rancœur que je trouve très puérile.
Je ne suis pas d'accord avec Rémi et Emilien, je pense au contraire que c'est la critique négative qui est la plus constructive. Parce que ce n'est qu'à ce moment-là qu'elle est profondément distinguée de la promotion. Mais la critique négative n'est pas une attaque chargée d'affect pour autant. Là, je suis très agacé de voir quelqu'un "balancer" sur un disque et ensuite se dédouaner de sa responsabilité, s'expliquer sur 300 lignes sur pourquoi il a été si méchant, que ce n'était pas ce qu'il voulait dire etc. No Way. Si tu as besoin de justifier ton texte, tu n'avais qu'à le relire.

Je n'aime pas beaucoup ce nouveau Mogwai. Moins efficace mélodiquement. Qui provoque chez moi surtout beaucoup d'indifférence. Ils font toujours la même chose mais n'ont jamais aspiré à quoique ce soit d'autre. Ils n'ont jamais voulu faire du post-rock, on les a signifiés comme ça. Et à l'époque de Young Team (1997), non, il n'y avait rien d'autre à écouter dans le genre. Qu'on me fasse pas croire que Slint, Tortoise ou Bark Psychosis faisaient la même chose. Mais surtout qu'on me fasse pas croire que les premiers enregistrements de Godspeed étaient du même acabit (c'est bien à partir de 99 et Slow Riot qu'ils sont devenus bons).
Depuis Young Team, Mogwai n'a pas évolué d'un yota, exactement. Mais là, Emilien, tu te trompes dans tes attentes et ton désir : Mogwai n'est qu'un groupe de beaufs, de hooligans ratés reconvertis dans la dépression. On ne pouvait dès le départ rien attendre de plus d'eux. Et on tolère trois ou quatre albums pour s'en rendre compte. Tu as cinq ans de retard et donc tu te trompes de combat. Ta bile ne touche rien, là.

-Twist- a dit…

Je suis en train de l'écouter pour la première fois ce nouveau Mogwaï. Sans avoir jamais été fan du groupe, il me plait beaucoup ce "The Hawk Is Howling". La puissance de frappe, les compositions ("classiques" certes mais quand même), la production, c'est quand même d'un grand niveau.
J'avoue ne pas comprendre vraiment la comparaison avec Oasis... Oasis s'enfonce depuis des années en recherchant leurs disques perdus. Mogwai ce n'est pas ça. Ou en tout cas, ce n'est pas du tout comme cela que je le perçois.
Après, oui, faut aimer le post-rock. Ca reste la base me direz vous.
En tout cas, bien bel album une fois de plus. :)