vendredi 24 juillet 2009

[J'y étais !] : Deerhoof @ La Scala, Londres, 1er Juillet

5/5
Myspace
















J'ai vu pour la deuxième fois Deerhoof à Londres, et ils confirment ce que je pensais: ce groupe américain de pop dada excentrique est le meilleur à voir en concert. Ils répondent aux attentes les plus primaires du spectateur rock : danser en convulsions, s’amuser des chorégraphies scéniques, s’émerveiller de la complexité et de la maitrise du show. Il est rare que je sois aussi attentif à chaque détail lors d'un concert, dégustant au maximum chaque seconde passée en leur compagnie: les décharges d'énergies imprévisibles du batteur Greg Saunier (impossible en sa présence de tenir la mesure en tapant du pied), le chant délicieusement bizarre de Satomi, et le jeu hyper précis et instinctif des deux guitaristes, Ed Rodriguez et John Dieterich. A ce propos, ces deux immenses musiciens réalisent une synthèse incroyable de tous les riffs possibles et inimaginables du rock, des attaques punk agressives aux arpèges math rock en boucles. Et puis il y a cette complicité rare entre les quatre musiciens, qui transpire la sincérité.

Ce concert m'a aussi fait prendre conscience qu'ils sont avant tout de vrais performers scéniques. Il ne faut pas oublier que c'est de la pop enfantine hardcore, techniquement compliquée et progressive dans son essence (sans tous les mauvais côtés associés et bien connus), avec une énergie punk, tout en étant submergée de sursauts joyeux. Ce qui en fait une musique définitivement unique et sans nulle doute impossible à jouer correctement en reprise.

Deerhoof laisse aussi la place durant leurs shows à de purs chocs soniques, comme ce magnifique larsen collectif de plus de 2 minutes qu'ils nous ont offert, soutenu part un déluge percussif ahurissant de tous les diables. Ils ont tout compris, un concert de rock, ce n'est pas de l'interprétation, ça se vit.

François.

lundi 20 juillet 2009

[Bonus Tracks] : Ebony Bones, Revolver, La Roux, The Dead Weather

Ebony Bones - Bones Of My Bones
Pias
6 Juillet 2009
3/5



D’actrice de drama anglaise jusqu’en 2005, Ebony Thomas est devenue la diva punk Ebony Bones. Entourée d’une troupe d’huluberlus costumés comme dans un carnaval futuriste (un sioux en guise de guitariste, les deux chœurs aux cheveux teintés de bleu et de violet incarnant des sorcières africaines possédées, un mystérieux claviériste masqué au chapeau melon, et la reine submergée d’imposants colliers multicolores), elle s’est vite imposée comme une artiste inclassable dans la musique mainstream. A côté de ce parti pris visuel osé, la musique explose elle aussi quelques carcans : dynamiques dignes de Liquid Liquid (percussions afrobeat qui viennent des bas-fonds), ska foutraque (pas très loin des Slits), énergie punk et multi voix qui cavalcadent dans tous les sens. On pense aussi bien sûr aussi à M.I.A ou à Santigold, ces chanteuses à fortes personnalités artistiques, mais contrairement à ces dernières, Ebony Bones n’est pas aussi convaincante sur disque que sur scène. Bones Of My Bones accuse une sérieuse baisse de régime dans son deuxième quart (des morceaux plus radio-friendly avec des beats lourdingues presque "house") ainsi qu’un effet de redondance dans son ensemble. Maintenant que la recette est présentée sur ce premier album, on attend un vrai déploiement pour le prochain.




Revolver – Music For a While
EMI
1er Juin 2009

2/5


Le trio parisien Revolver connait bien ses classiques, et fait plus que le prouver sur son premier album. Rempli à ras bord de références pop et folk, des Beatles aux Beach Boys en passant par Simon And Garfunkel, Music For a While est un disque élégant (vocalises aériennes, mélodies délicates, superbes arrangements) et bien écrit. On pourrait saluer l’hommage de bon goût, mais Revolver n’est en fait rien de plus qu’un cover band sixties haut de gamme, qui a pour seul atout (ce n’est pas négligeable) de donner envie de réécouter les originaux (The Kinks, Montage, The Zombies).




La Roux – La Roux
Polydor
29 Juin 2009
1,5/5


Au contraire de tous ces groupes d'indie fluo qui ne font que singer les codes eighties avec vulgarité, La Roux les maitrise elle à merveille (beats sophistiqués, claviers punchy, production exemplaire), et arrive à se démarquer suffisamment grâce à son timbre de voix ample qui vaut parfois le détour. Mais même en admettant qu’on puisse apprécier ce genre de pop gluante (en termes de synth pop tubesque, ce disque pourrait bien faire figure de modèle), La Roux a le même symptôme que Music For A While de Revolver : un disque passéiste et bien fabriqué qui n’apporte absolument rien.




The Dead Weather - Horehound
Third Man
13 Juillet 2009

1/5


The Dead Weather est un projet de rêve (Jack White des White Stripes, Alison Mosshart des Kills, Jack Lawrence des Raconteurs et Alison Mosshart des Queens of the Stone Age), pour un album de hard rock grossier qui serait passé complètement inaperçu sans ses guests stars. Tout est balancé droit dans le mur avec lourdeur, seules I Cut Like a Buffalo (avec son clavier prog et les hennissements de Jack White) et l'instrumentale étrange 3 Birds parviennent à sortir du lot. Ces deux morceaux approchent un univers baroque et dark qui aurait du survoler tout l’album pour qu’il eut été un tant sois peu original.



François.

mercredi 15 juillet 2009

[Tourne Disque] : Le Klub Des 7 - La Classe de Musique

Label : Encore Music
Sortie : 25 Mai 2009
4/5











Vous attendiez quelque chose de cet album? Sérieusement? Je veux dire à part si vous étiez super fan, les autres, vous l'attendiez? En 2009, vous pensiez vraiment qu'il y avait quelque chose à espérer du "hip hop alternatif" (je cautionne pas le terme) français après des déconfitures énormes récemment, commencée en 2006 avec le douloureux 3615 TTC? En 2009, vous aviez pas déjà été complètement lassés par l'album du Klub Des Loosers ou les premiers TTC? Franchement, vous pensiez que le deuxième album du Klub des 7 allait être juste intéressant après un premier trop bordélique pour être marquant et la mort d'un des membres? Moi non. Je ne croyais pas du tout en cet album, ni en ce groupe, ni en fuzati, ni en personne pour me faire aimer à nouveau du rap français en 2009. Je les voyais mort. Quand on m'a dit "y'a un nouveau klub des 7", j'en ai d'abord eu rien à foutre : qu'attendre de types qui ont tout dit et vivent sur des recettes, des trucs, des gimmicks? Cynarure rappe vite, Fuzati est déprimé, etc. Mais finalement, La Classe de Musique se révèle être étonnement réussi et prend toutes les critiques de court en étant tout simplement d'une efficacité redoutable.

Déjà parce qu'on a vraiment l'impression d'écouter un "album", de la part d'un vrai "groupe", avec un concept sur les années de l'école primaire qui est un peu éculé, mais utilisé avec un soin tel qu'il lie les morceaux entre eux de manière assez géniale. Oui, c'est un concept album d'une certaine manière, et ça fonctionne très bien, parce que comme dans les expressions écrites à l'école, c'est plus facile quand on a un sujet défini que quand on nous dit "écrivez ce que vous voulez". La dessus, nos 7 membres (moins 1, bien qu'il apparaisse sur certains morceaux - ses camardes lui rende d'ailleurs un très sobre mais touchant hommage dans "L'Appel" qui montre que ces gens là ont aussi du coeur) exposent chacun des thématiques différentes qui leur sont propres, mais qui créent un ensemble homogène, sans qu'aucun n'écrase ni ne desserve les autres. Alors, certes, on peut avoir des petits chouchous (moi, ce serait Gerard Baste, qui est assez ultime sur certains morceaux, ou Fuzati, moins présent mais encore plus efficace qu'avant), mais tout le monde est au top, et c'est un plaisir d'entendre une suite quasi-continue de phrases tellement cools que t'as envie de les ressortir dans la vraie vie (mais c'est pas possible).

Et puis y'a les instrumentaux de Fuzati qui sont assez canons, dans une ambiance sixties très cool (on entend même la basse de lady madonna à un moment) qui sonne du tonnerre. C'est bien simple, sur certains morceaux (je pense à "En Route"), ça fait décoller le truc. Ecoutez "Boule de Cristal", c'est du pure génie, des textes de haut niveau sur des orgues/pianos parfaitement envoyés avec un refrain chanté doucement mélancolique (une ambiance qui parsème tout l'album d'ailleurs), et c'est pareil sur des morceaux comme "C'est Le Klub Des 7". Des morceaux qui ont en plus la qualité de faire intervenir tout les membres du Klub ; ce sont les oeuvres de groupe qui sont donc les plus convaincantes au final. Y'a aussi des petits interludes instrumentaux avec des samples qui sont sympatiques. Seul bémol, les passages parlés qui ont comme unique défaut de ne pas être drôle du tout - dommage que ce soit leur unique objectif ahem ahem.

Bref, voilà un album réjouissant et efficace, sans temps mort ni lacunes. Est-ce qu'il vieillira bien? Est-ce qu'on l'écoutera toujours en 2012? Il me semble que oui, mais le temps nous le dira de toute façon. Pour l'instant, voilà un très bon album de rap français qui sait à la fois être léger et parfois beaucoup plus grave derrière les blagues, et dont les membres sont presque nos potes quand on a fini l'album. Je demande pas plus.

émilien.

Extrait musical de l'album :
Le clip un peu cheap du formidable "Le Chiffre Impair".

vendredi 10 juillet 2009

[Tourne Disque] : Sunn O))) - Monoliths & Dimentions (contre chronique)

Label : Southern Lord
Sortie :18 Mai 2009
1,5/5











Longtemps, je me suis couché de bonne heure et je me suis demandé pourquoi Sunn O))) était un groupe aussi nul. C'est pas que j'aime pas le drone, mais j'ai toujours trouvé leurs longues grosses notes graves qui bourdonnent aléatoirement un peu chiantes, et c'est pas faute d'avoir essayé plusieurs albums. C'était presque une blague pour moi ce groupe, à chaque fois que j'entendais un son régulier grave dans la rue, je disais "han, quelqu'un écoute du Sunn O)))" (je riais seul). Alors quand on a présenté Monoliths & Dimensions (ce titre...) comme étant l'album "orchestral" de Sunn O)))), avec des critiques enthousiates dans Wire, j'ai eu un genre d'espoir : un album de drone qui mêlerait grosses guitares et orchestrations de l'enfer? Mais bien sur! Ce sera pas ce qu'on écouterait avant d'aller se coucher, mais il y avait là un créneau génial très peu exploité qui lierait dans un même ensemble le doom et la musique contemporaine. J'y croyais vraiment.

Et j'y ai cru encore pendant 5 minutes à la première écoute. 5 minutes et 38 secondes pour être précis. Parce que Aghartha, morceau assez classique dans l'absolu, commençait bien, c'était assez prenant, c'était dense et ample, il se passait quelque chose. Et puis patatras. Chassez le naturel, il revient au galop. Vous imaginiez Sunn O)))) parti dans des territoires modernes et originaux? Et les revoilà qui se remettent à faire les cons, les voilà encore repartis à se prendre pour des putains de vikings de l'enfer, et voilà une grosse voix grave qui fait peur qui vient tout simplement détruire le morceau, le rendre passablement affreux, façon gros métal qui tache. Je venais juste de rentrer dans le morceau, et voilà que ces cons en capes se croient en live à Stonehedge et se mettent à faire "Beuuuuu" en infra-grave, se raclant la gorge pour faire peur et racontant une histoire qui semble assez longue mais que j'ai pas eu envie de comprendre, parce que les audiobooks doom metal, très peu pour moi. Sérieusement. Dites moi Sunn O)))), pourquoi vous avez fait ça hein? Pourquoi vous avez fait ça sur 3 des 4 morceaux de l'album le coup des grosses voix graves qui vous font remonter les glaires? Vous allez me dire "oui, mais c'est pas ton background le metal, tu peux pas comprendre, pour nous autre qui avions des sweet shirt noirs à 18 ans en s'écoutant des trucs bourrins, ça passe très bien cette voix". Soit. Mais il faudrait donc forcement avoir eu une adolescence de merde pour aimer cet album?

Non mais plus sérieusement, Aghartha, à la fin, avec les violons dégueulasses, les bruits de bois qui craque, ça, c'est excellent, mais y'a cet espèce de faux-druide qui me vibre dans le tympan, et qui fout tout en l'air. Même un solo de kazoo, ça aurait été mieux. Et sur Big Church, avec ses choeurs féminins un peu kitschs mais cools, c'est pareil, revoilà les barbares qui braillent et qui foutent en l'air un morceau pourtant bien parti (même si le coup des sons de cloches, c'était peut être un peu too much). Et je vous parle même pas de Hunting & Gathering (Cydonia), morceau quasiment schizophrène, où se côtoient d'un coté l'horreur absolue (les "beuuuuaaaa" du chanteur, des synthétiseurs impossibles qui viennent des années 80) et les grandes idées (les trompettes de l'apocalypse, les gros riffs sales).

Alors finalement, il nous reste quoi? Il reste Alice, qui est sûrement le morceau pour les gens qui n'aiment pas Sunn O)))))), le seul qui peut leur faire plaisir après 30 minutes de chevelus qui geignent. Déjà, ça a le mérite d'être instrumental, comme un éclair de lucidité. Et puis le morceau en lui-même est peut être celui qui justifie tout Sunn O))))))))), tout leurs albums chiants. Beaucoup plus vide et atmosphérique, on pourrait voir cette composition comme une longue traversée depuis les ténèbres jusqu'à la lumière céleste : ça commence par des guitares lointaines, douloureuses, qu'appuient des arrangements destructeurs mais beaucoup moins sombres qu'auparavant, et petit à petit, ça progresse, le drone se met en place, des sons apparaissent dans l'atmosphère pesante mais à la fois quasiment... épique. La progression est remarquablement conduite, les instruments à vent prennent une place de plus en plus grande, se mélangent, s'envolent, on a comme des frissons, et comme un dernier miracle, le morceau de s'achèver dans une douce clarté inattendue, baignée de harpes enchanteresses, des petites mandolines et d'improvisations au trombone, et c'est absolument magnifique. Alors forcement, quand, au sortir de ce morceau, on réécoute le reste de l'album, on est amer. Mais peu importe, ils peuvent retourner à leurs incantations post-pubères de metalleux, il reste Alice, la meilleure chose qu'ils ont jamais faite.

Ça donne donc un album auquel je donne presque la moyenne, mais surtout grâce à Alice, car, si on voulait être honnête, franchement, ça reste à 3/4 un bon gros gâchis de talent à cause d'une espèce de fascination complètement ringarde et quasiment hilarante pour un coté "druide" dont on aurait pu croire qu'ils auraient eu l'intelligence de se débarrasser. Jetez vos capes les mecs, vous avez plus l'age, y'a un moment où il faut grandir un peu. Dommage Sunn O)))))))))))))))))))))).

Emilien.

ps : je n'ai pas fait un seul copier/coller pour écrire l'insupportable nom du groupe. J'ai plus utilisé la touche ")" de mon clavier que jamais BON SANG.

[Tourne Disque] : Sunn O))) – Monoliths & Dimensions

Southern Lord
18 Mai 2009
4/5












Il est très dur de juger le drone métal de Sunn O))), et particulièrement Monoliths & Dimensions, qui sonne comme l’aboutissement de 10 ans de musique pour le duo, et bénéficie d’une reconnaissance médiatique plus accrue. Il y a deux façons d’appréhender cette brulante expérience, et surtout deux manières strictement opposées d’en être touché. Basée sur de longs drones métalliques, cette musique avant tout sensorielle contient de nombreux codes ésotériques. On peut en effet trouver risible ces cérémoniales doom de 10 à 20 minutes, mises en scènes comme des messes noires, et portées par des vocalises graves et machiavéliques. Mais si on creuse un peu plus, on y découvre des références bien plus profondes (un hommage à Miles Davis sur Agharta et à Alice Coltrane sur le chef d’oeuvre Alice) et un rayonnement plus spectral et majestueux que véritablement diabolique. Monoliths & Dimensions semble respecter l’essence lourde et primitive de l’univers de Sunn O))), tout en y élargissant largement son horizon avec la participation d’une section orchestrale (cors, harpe, flûte, piano, cuivres, cordes) et de chœurs féminins angéliques. Sûrement grâce à cette ouverture incroyable et à ce sens aigu des nuances et des textures (qui d’ailleurs redonne largement ses lettre de noblesses au doom métal), la musique de Sunn O))) atteint non pas des pics d’intensité mais une immersion passionnante dans un univers parallèle obscur.

François.

http://www.myspace.com/sunnofuneraldoom

samedi 27 juin 2009

[Tourne Disque] : The Mars Volta - Octahedron

Warner Bros/Mercury
23 Juin 2009
2/5












Après un disque bourré d’énergies violentes et de lignes tendues jusqu’aux cassures imprévisibles (The Bedlam In Goliath), les Mars Volta décident pour Octahedron de prendre une direction plus accessible avec un album plus aéré. L’intention est louable, ils essaient de se réinventer. Seul problème : ce qu’on aime justement chez les texans (et ce qui les rend si particuliers) est leur foutoir, non sens, excès et transe de la vitesse. L’album est donc rempli à moitié de ballades et à moitié de morceaux plus électriques. Sans tomber dans la médiocrité, le groupe déçoit dans les deux cas. On comprend vite que la notion de chanson dépouillée n’est pas compatible avec Mars Volta. En voulant composer des morceaux plus lisibles, ils tombent dans des travers pénibles, parfois proche du prog FM. Le chanteur Cedrix Bixler-Zavala est trop souvent en roue libre, avec ce chant de néo punk levant vaillamment le poing au ciel sur les morceaux rock, ou de diva soul trop lisse sur les ballades. Au niveau instrumental, Omar Rodriguez déçoit aussi, abusant de la reverb pour remplir l’espace sonore. Au lieu des arpèges infernaux auxquels il nous avait habitué, les guitares pachydermiques prennent place, évoquant plus At The Drive In que King Crimson. On a aussi perdu le souffle free de leur big band : les innombrables instants expérimentaux et inventifs qui regorgeaient dans les précédents albums se comptent maintenant en une poignée de minutes, comme emprisonnés dans les structures désormais classiques des chansons. Seule la gracieuse et voluptueuse Twilitht As My Guide s’en sort entièrement avec les honneurs (vocalises délicates, nappes floydiennes), contrairement à la mièvre Copernicus (avec en guise de fermeture des clipotis électro se déposant comme un cheveu sur la soupe). La demi-mesure ne semble donc définitivement pas leur correspondre, et il ne reste plus qu’à espérer qu’Octahedron soit un disque de transition. Il suffit par contre d’aller voir du côté de Cryptomnesia pour avoir sa dose annuel de Mars Volta bouillonnants, grâce à l’impulsion de Zach Hill.

François.

http://www.myspace.com/themarsvolta

lundi 8 juin 2009

[Bonus Tracks] : Grizzly Bear, Phoenix, Sonic Youth, The Horrors, Passion Pit

Grizzly Bear – Veckatimest
Warp
26 Mai 2009
4,5/5



Avec Veckatimest, le chouchou de Pitchfork s’impose comme un groupe au moins aussi solide que Radiohead. Grizzly Bear impressionne par la clarté de l’ensemble, de la pop de chambre lumineuse rêvant de grands espaces, en prenant à contrepied l’héritage de la musique folk sans la malmener, mais en proposant de nouvelles grilles de composition. Il est d’abord fascinant de voir à quel point le travail en studio est méticuleux, proche de l’orfèvrerie : de la composition, au mixage (3 longs mois), en passant par les arrangements, les quatre membres du groupe passent beaucoup de temps à façonner leurs chansons. Cette production admirable repose surtout sur une grande qualité d’écriture avec des structures imprévisibles, une utilisation inhabituelle (presque expérimentale) des instruments acoustiques, et des vocalises majestueuses et profondes. La lenteur générale des tempos en fait un album passionnant à explorer, car les instants de grâce ne se dévoilent pas instantanément. Chaque morceau contient des mini feux d’artifices (instrumentaux ou vocaux) qui viennent apporter des nuances d’une finesse rare. En témoigne Live With You, composé par Daniel Rossen, l’un des deux chanteurs principaux du groupe. Il illustre musicalement la notion de l’effort récompensée, avec une voix fatiguée qui s’effondre pour mieux s’élancer aussitôt sans que l’on s’y attende. A mille lieux des modes, Grizzly Bear livre, sans prétention mais non sans ambition, quelque chose de grand.




Phoenix – Wolfgang Amadeus Phoenix
V2 Records
25 Mai 2009
2/5



Le groupe qui incarne le mieux le romantisme de la French Touch avec Air, tend de plus en plus depuis It’s Never Been Like That (2006) vers une pop rock plus spontanée et sans artifices (pour ne pas dire conventionnelle). Derrière la trompeuse ambition démesurée signifiée par le titre de l’album, la musique de Phoenix est en fait très modeste, de l’indie rock très anglosaxon aux guitares vintages avec les touches électro en vogue. L’album typiquement cool à mettre en soirée, ennuyeux à écouter chez soi. On les a connus plus inspiré au niveau des mélodies (Alphabetical, 2004), car à part la magique Lisztomania, rien n’est très brillant, ni vraiment anecdotique. C’est le problème de ce disque un peu tiède. On peut louer leur tentative de voyage rétro futuriste de 8 minutes (Love Like a Sunset), malheureusement à côté de la plaque.




Sonic Youth – The Eternal
Matador Records
9 Juin 2009

3,5/5


Sonic Youth restera toujours un modèle d’intégrité dans la musique rock. Depuis leurs débuts au sein du courant no wave, leur vision du noise rock n’a jamais faiblit. C’est bien simple, depuis 1983, avec un rythme de publication d’en moyenne un album tous les deux ans, la qualité de leur musique oscille du chef d’œuvre radical (Confusion is Sex, Daydream Nation, Washing Machine, NYC Ghost and Flowers) au (très) bon disque de rock plus classique, aux fondations toujours solides. The Eternal ne constitue pas un changement majeur de direction pour le groupe, mais plutôt une évolution dans les nuances, avec un son de guitare plus rêche que sur les 3 précédents albums, et de notables nouveautés (les harmonies élévatrices de Leaky Lifeboat, la litanie rock de Massage the History). Malgré tout, au bout de 28 ans de carrière, ils restent les maitres du genre, loin devant toute la fatiguante vague shitgaze et revival shoegaze (Japandroids, Wavves, Pains of Being Pure at Heart etc, lire cet article pour en savoir plus).




The Horrors – Primary Colors
XL Recordings
21 Avril 2009
2,5/5


Si Primary Colors n’est rien de plus qu’un disque de rock passable et efficace qui n’apporte rien de vraiment neuf dans le genre post-cold wave (à côté de Poni Hoax, Editors ou Interpol), l’album vaut surtout pour son puissant et dernier titre: Sea Within a Sea. En 8 minutes, ils font rencontrer le style noir et glacial de Joy Division avec la transe Kraut de Can en concluant par de majestueuses boucles synthétiques évoquant le Portishead de Third (Geoff Barrow, producteur du disque, n’y est sûrement pas pour rien dans cette réussite). Ce n’est pas non plus révolutionnaire, mais ce melting pot moderne surprend agréablement à côté du contenu dispensable et déjà-entendu du reste de l’album.




Passion Pit – Manners
Columbia/Frenchkiss Records
18 Mai 2009
1/5


En un sens, Manners est un document complet et révélateur des pires tendances de l’indie pop de ces dernières années, où tics et maniérismes fluos sont condensés avec amplification. Pas vraiment des suiveurs dénués de talent comme les pathétiques Empire Of The Sun, les Passion Pit peuvent plutôt être vus comme le chainon manquant entre les Klaxons et MGMT. Il n’est pas question de cracher sur cette mode par pur principe, car des artistes comme Animal Collective (sur Merriweather Post Pavilion) ou Dan Deacon sont là pour représenter la face brillante de cette tendance (électro fluo, harmonies pop emphatiques, effets surchargés), grâce à de vraies bonnes idées de composition et une démarche de recherche qui consiste à se tourner vers l’avant plutôt que vers les années 80. En plus d'être trop criarde, le côté décomplexé de Passion Pit n'excuse rien.



François.

mercredi 29 avril 2009

[Bonus Tracks] : Sessions de rattrapages

Franz Ferdinand - Tonight
Domino
26 Janvier 2009

3/5



Myspace

Malgré l’ajout de nouvelles influences années 80, avec synthés, boites à rythmes et samples, Franz Ferdinand ne se laisse pas submerger. Leur efficacité rock’n’roll reste intacte, et même si on entend ci et là quelques maniérismes ou mélodies de mauvais goût, il est toujours difficile de leur reprocher quoi que ce soit, car ce groupe reste une grosse machine à tubes typiquement « cool ». En plus de cela, ils surprennent vraiment lorsqu’ils s’imprègnent d’influences africaines (Send Him Away), succombent à d’immenses refrains pop fédérateurs (le «
Wheeeeereeeeever you aaaaare » sur Live Alone) ou s’initient à des trips acides de plusieurs minutes (Lucid Dreams).


Fredo Viola – The Turn
Because Music
16 Mars 2009

2,5/5



Myspace

L’idée de départ est aguicheuse : une symphonie electro-pop influencée par les Beach Boys, essentiellement guidée par la voix multipliée de Fredo Viola, se laissant elle-même aller vers des charabias et autres onomatopées. On parle d’œuvre visionnaire, mais il suffit de réécouter un album de Bobby McFerrin pour se dire qu’il n’a rien inventé. Puis il lui manque encore de vrais qualités de composition en termes d’écriture de pop songs, qui restent encore trop faibles et imprécises pour être suffisamment aguicheuses. Bien sûr, le morceau d’ouverture a une puissance harmonique et vocale impressionnante, mais lorsqu’on découvre le reste de l’album, on a l’impression de s’être fait tromper sur la marchandise (c’est d’ailleurs le seul morceau, avec The Sad S
ong, qui évoque vraiment les Beach Boys). L’autre moment fort du disque est Ether, grand trip psychédélique (beat noise, notes répétitives de piano, violons dissonants, voix lointaine) qui évolue brillamment à la manière d’une histoire. Pour le futur, s’il pouvait s’engager sur l’une des deux voies avec autant de raffinement sur un album entier, ce serait l’idéal.


Clues – Clues
Constellation Records
18 Mai 2009

4/5



Extraits audios

Constellation, est, je ne vous le répéterais jamais assez, le label qui a enfanté pas moins de 3 groupes majeurs des 2000’s (Godspeed You! Black Emperor, A Silver Mt Zion, Fly Pan Am). Ces groupes ont chacun à leur manière réinventé des façons d’approcher le rock. Ici avec Clues
, leurs nouveaux protégés, aucune révolution n’est à déceler, ils n’officient dans aucune catégorie post-quelque chose. Et pourtant Clues est un excellent album d’indie rock concassé et accessible, où les références de spécialistes (post punk, no-wave, psychédélisme) sont finement injectées sans encombrement (contrairement au groupe Women, demandez à Emilien). Le rock est épique (Cave Mouth), les mélodies lyriques (Crows), les ballades cosmiques (In the Dream), et les chansons pop ont des airs de cabaret instable entre le joyeux et le dramatique (Perfect Fit). Un futur classique, assûrement.


DM Stith – Heavy Ghosts
Asthmatic Kitty Records
2 Mars 2009
3,5/5



Myspace

Le grand Sufjan Stevens nous dévoile un auteur quasiment sorti de nulle part, qui impri
me sur ce premier album un univers musical déjà très personnel. Heavy Ghost est un album hanté par des choeurs fantomatiques et une voix entre l’angélisme de Robert Wyatt et les suppliques de Thom Yorke. Le talent du bonhomme est sidérant, vu l’épaisseur des compositions : arrangements électroniques artisanaux aux sons organiques, et instruments folk habilement menés (piano, guitares acoustiques, violons). Si l’atmosphère lugubre de toute la première partie demeure délicieusement hypnotique, cette musique unique devient moins fascinante, suivant les sensibilités, lorsque l’ambiance devient plus légère (comme sur Fire of Birds, qui fait très « hippies dansant joyeusement autour du feu »).


Peter Doherty – Grace/Wasterland
EMI
16 Mars 2009

2,5/5



Myspace

Pete Doherty aurait donc sous cette apparence de rocker débraillé et incontrôlable une âme de poète. C’est du moins ce qu’il essaie de faire croire, et je n’irais pas vérifier plus longtemps si c’est artificiel ou non. Tout ce que j’en déduis, c’est que son essai de folk poétique est immédiatement séduisant, bien qu’imparfait. Au contraire d’un album mainstream bondé de featurings opportunistes, on a plus affaire à une poignée de chansons légères et humbles, qui s’accomodent très bien au chant nonchalant de Doherty. A côté des morceaux accoustiques, ce sont celles, orchestrales qui convainquent le plus (les magnifiques 1939 Returning et A Little Death Around the Eyes). Et c’est là où l'on reste lucide en se disant que le rocker a heureusement su s’accompagner de bons producteurs (Graham Coxon de Blur et Stephen Street).



Charles Spearin – The Hapiness Project
Arts & Crafts
10 Février 2009
4/5


Myspace

Le Hapiness Project est construit à partir d’entrevues que Charles Spearin (de Do Make Say Think) a tenues auprès de ses voisins, sur le thème de la définition du bonheur. Il en utilisa ensuite des extraits pour construire de vrais morceaux. A partir des simples mélodies accidentelles créées par leurs voix, il y créa de fabuleuses compositions pop de chambres (avec un véritable groupe de jazz) rappelant le Bad Timing de Jim O’Rourke. Au-delà du simple aspect conceptuel et de la technique savante nécessaire pour arriver à un tel résultat, cette quête de la musicalité de la vie de tous les jours est extrêmement touchante.



The Snobs - Albatross
Autoproduit
26 Mars 2009

5/5



Myspace

Il serait irrespectueux d’y consacrer seulement quelques lignes. Mieux vaux ne rien dévoiler ici, c'est tout ou rien. Je vous laisse donc languir d’impatience encore un petit moment, car une chronique en bonne et due forme y sera évidemment consacrée.
En attendant, vous pouvez le télécharger gratuitement ici.


Archive – Controlling Crowds
East West
30 Mars 2009

1,5/5



Myspace

Le groupe a été brillant, sur l’album de trip hop ténébreux Londinium (1996), catastrophique sur la pop FM de Take My Head (1999), et rassurant sur les quelques échappées psychédéliques de You All Look The Same To Me (2002) ou de Noise (2004). Mais là ce n’est plus possible. Avec l’arrivée depuis Lights (2006) de ce nouveau chanteur impersonnel, le groupe s’enfonce dans leur trip floydien de bas étage, plombé par une dimension conceptuelle pompeuse (l’album est divisé en trois « grands » mouvements). La noirceur recherchée n’a aucun effet, les essais hypnotiques ne fonctionnent pas. Un vrai groupe has-been (je déteste cette expression, mais ici je ne trouve rien de mieux) qui n’arrive pas à se renouveler.



El Grupo Nuevo de Omar Rodriguez Lopez - Cryptomnesia
Rodriguez Lopez Productions
5 Mai 2009
4/5


Myspace

El Grupo Nuevo est un supergroupe formé de membres de Mars Volta (guitare, chant, basse) et d’Hella (batterie, synth bass). Autant dire que pour les fans des deux groupes, pouvoir entendre le jeu minutieusement surpuissant de Zach Hill (un des meilleurs batteurs au monde, au passage), accompagner la guitare virtuose et dissonante d’Omar Rodriguez Lopez n’est pas une mince affaire. On est finalement assez loin des morceaux épiques à rallonges des Mars Volta. Ici tout y est concis, nerveux, aiguisé. Ces 35 minutes de décharges électriques vont droit au but, sans démonstration vaine. Le chant de Bixler Zavala flotte au dessus des acrobaties instrumentales du big band, avec des mélodies toujours impossibles et plus sobres qu’à l’accoutumée. Un grand vacarme rock qui m’impressionne par son jusqu’auboutisme extrême.



Dominique A – La Musique
Wagram Music
6 Avril 2009

4/5



Myspace

Accompagné sur ses précédents albums d’un groupe entier (sur L’horizon et pendant sa tournée cold wave, sacralisée par le merveilleux live Sur Nos forces Motrices), Dominique A revient à la composition en solo. Cela rappelle évidemment son premier album, La Fossette : chansons faussement minimalistes, boite à rythme omniprésente, quelques guitares et des claviers. Si le côté lo-fi faisait une des forces de La Fossette, la production moderne sublime ici les chansons de La Musique.
Si elles s'inscrivent dans une certaine tradition de la chanson française (la voix surmixée, l'inspiration poétique, le romantisme), elles évitent tous les clichés (dont la dérive variété). Dominique A, situé bien au dessus de ses pairs en termes d'inspiration, a trouvé l’équilibre parfait, entre des chansons confortables mais jamais monotones (touché par la grâce sur Dans l’Air ou Jsuis Fatigué), et d’autres plus radicales, d'inspiration anglosaxonne (les robotiques La Verité et Je Suis Parti Avec Toi, remplis de stridences électriques). La Matière, deuxième disque qui vient compléter l'édition collector, est encore plus passionnant que le premier, et fait de La Musique une vraie mine d’or.

François.

mardi 17 mars 2009

[Tourne Disque] : Animal Collective - Merriweather Post Pavilion

Label : Domino
Sortie : 6 Janvier 2009
5/5













Un huitième album en 9 ans, une popularité croissante, un son toujours unique, et ils arrivent de nouveau à nous prendre par surprise. Quittés momentanément par le 4ème membre et guitariste du groupe depuis 2007, les trois (Panda Bear, Avey Tear et Geologist) doivent techniquement s’adapter en délaissant les instruments pour avoir recours aux machines. Résultat : un ballet pop onirique (selon les propres mots d’Avey Tare), une ode aux harmonies multiples et aux chœurs en canons, un grand voyage étoilé. Ils inventent en un sens une nouvelle manière d’utiliser les machines, comme s’ils faisaient table rase de tout ce qu’il s’est déjà fait en matière d’électronique. Chaque morceau semble être une partie vitale de ce long corps animé de 54 minutes ; beats désarticulés, boucles abyssales, environnement sonore organique (vent, eau, brouhaha, onomatopées lointaines). Au dessus de ce monde électronique bien vivant, Merriweather Post Pavilion fait surtout la part belle aux chants d’Avey Tare et de Panda Bear, plus que jamais proches de l’extase harmonique. En se partageant pour la première fois l’écriture de l’intégralité du disque, ils apportent ce qui manquait auparavant au sein de toutes ces mélodies majeures emphatiques : une vraie mélancolie rêveuse (les superbes Also Frightened, Bluish, et No More Runnin). La musique du groupe ne brille pas seulement par son aspect hors-normes, mais par sa (relative) accessibilité malgré tout ce flot de bizarreries denses et complexes. Car au lieu de parler d’avant-garde ou d’œuvre visionnaire (c’est pourtant bien de cela auquel on a affaire), il faut surtout se rendre à une évidence plus essentielle : Merriweather Post Pavilion est un immense album pop.

François.

http://www.myspace.com/animalcollectivetheband
Extrait vidéo de l'album:
My Girls, la pop des années 3000

dimanche 4 janvier 2009

[Tourne Disque] : The Dead Science - Villainaire

Label: Constellation Records
Sortie: 2 Septembre 2008
4/5











Le label Constellation a été très présent en 2008. On en a beaucoup parlé, mais sûrement pas assez, car à lui seul, ce label Montréalais couvre une scène Art Rock facilement comparable à la scène allemande Krautrock des années 70 (exigence artistique, expérimentations, interdépendances entre les groupes). 10 ans après avoir lancé le groupe mythique Godspeed You !Black Emperor, l’actualité du label Montréalais a été plus que jamais animée. En plus d’avoir sorti un chef d’œuvre injustement boudé par la presse (13 Blues For Thirteen Moon d’A Silver Mount Zion) et un disque fort (Hello, Voyager d’Evangelista), Constellation souhaite se renouveller en s’ouvrant à des sentiers rock plus porteurs que d’habitude, avec Tindersticks, prochainement Clues en 2009 (avec un ex-membre d’Arcade Fire, morceau formidable à écouter ici), et l'album des Dead Science, sorti en septembre dernier (il n'est pas trop tard pour en parler).

Le rock théâtral de Villainaire déroutera forcément les habitués du label : des morceaux concis, un chant émodramatique très marqué et au centre des compositions, et, plus étonnant encore, un vrai solo de guitare (Wife You). Le principal obstacle à l’appréciation de la musique des Dead Science peut se révéler être le chant. Si l’on se bloque sur les trémolos à rallonge du vocaliste Sam Mickens, on s’installe automatiquement des œillères, empêchant alors d’apprécier les mille richesses noires qui jalonnent Villainaire. En considérant cela comme un parti pris artistique assumé participant à l’identité très personnelle du groupe, on s’ouvre à un univers menaçant et passionnant, où les morceaux prennent toujours une tournure accidentelle imprévisible, entre furie et douceur vénéneuse. Avec une section rythmique frénétique, des riffs cassés et des orchestrations brillantes, les Dead Science ajoutent au répertoire de Constellation un disque épique et subtil (les deux ne sont pas incompatibles), qui fourmille de détails et de mélodies vibrantes.

François.

http://www.myspace.com/thedeadscience
Extrait vidéo de l'album:

The Dead Science - Make Mine Marvel