Label: Sortie: 21 Août 2008 (version digitale)
1/5
C’est le genre d’albums qu’on n’attend pas vraiment car aucune annonce n’avait vraiment été faite. Plus précisément si ; il était annoncé comme étant moitié expérimental/moitié rock avec un côté plus abouti, plus ambitieux, blablabla le discours habituel. Mais arrivé le jour de sa sortie on se rue tous dessus. On s’empresse de l’écouter. Pour certains il s’agit de se faire son avis. Pour d’autres l’excitation provoquée par la sortie « surprise » du dernier opus de leur groupe préféré tient de l’urgence.
C’est un moustique qui a dû piquer certains journalistes français. La dengue, la fièvre jaune ou le palu, on ne sait pas vraiment. Un journaliste des inrocks a osé déclarer qu’ « on ne compare d’ailleurs jamais assez souvent Bloc Party à Radiohead ». J’ai dans un premier temps cru à une blague puis je me suis rassuré en me disant qu’il avait certainement dû recevoir la copy promo en urgence et qu’on lui avait commandé la chronique pour le lendemain matin. Et qu’il avait alors certainement dû se mettre un Red Bull au frais, couper Mail, Safari et tous les autres logiciels mobilisant de façon trop importante ses facultés intellectuelles et s’affairer à torcher une chronique minute. La minute est d’ailleurs le temps que j’ai réussi à supporter le troisième morceau.
Je parle du troisième car les deux premiers ne sont, à mon sens, pas si pourris que ça. Ils seraient une sorte de pré-album un peu plus innovant et annonçant une suite encore plus ambitieuse. Publicité mensongère car ladite piste arrivée je suis retourné…en troisième justement. A l’époque j’étais encore malléable, j’écoutais du Marylin Manson, du Korn et du Sepultura et mes potes allaient sniffer de l’eau écarlate au Super U à la pause du midi. Quelques temps après je découvrais Limp Bizkit, Sum 41 et Blink 182 et me demandais si le bon sens m’autorisait pareille faute de goût. Certains albums ont des années d’avance, « Intimacy » a introduit un nouveau concept, celui du retro-album. Prenez un genre, bon ou pas, concentrez vous sur les points les plus stéréotypes et reprenez les, si possible avec la même médiocrité.
La question pourrait être : « est ce que je dois décrire cet album ? ». Et bien oui. C’est un peu comme si vous vous engagiez dans une pente avec vos « Kriptos* » ; au bout de quelques secondes vous compreniez qu’il n’y a plus rien à faire, foutu pour foutu autant continuer. C’est un peu le cas ici, les deux premiers morceaux laissent croire à une évolution du groupe, à une once d’originalité qui nous aurait suffit à leur attribuer la correcte note de 3/5, note que j’apprécierais avoir quand je sortirai mon premier album. Le problème est que la malchance initiée par les Kriptos va être accelerée dès le troisième morceau et celle-ci va s’acharner sur le reste de l’album. Sabotant chaque titre ; rouillant les cordes de la basse, faisant fondre les peaux du batteur, encrassant les cordes vocales du chanteur et sacrifiant le maigre espoir qu’avait créé « Silent Alarm ».
Les ¾ restant de l’album rassemblent tous les clichés du « rock fm à la U 2 » (c’est un genre officiel): traitement de voix à la truelle, basse réduite au rôle d’impulsion électrique un peu grasse, batterie qu’on soupçonnerait d’avoir été troquée contre une magnifique boite à rythmes héritée des illustres 80’s.
« Intimacy » surprend par son incroyable capacité à faire pire à chaque fois. La voix n’est même plus là pour sauver le tout, on dirait qu’Okereke (le chanteur) a subit une ablation d’octaves, c’est monotone, tout dans le même registre, tant « sauvé » par le traitement à la U 2, tant déterré par une énième fausse envolée de riffs, sursauts de basse et changements de rythme tous plus incertains que mes chances de gagner un Grammy.
Je suis certainement méchant mais j’ai pour habitude d’encenser le bon. Avec le mauvais on est obligé de dire la vérité, l’humeur faisant le reste. Car comparer un des groupes les plus innovants de la décennie à un pâle gloubiboulga sans saveur ; mixture composée des pires recettes qui ont fait la gloire de la Fm , succession de chansons juste bonnes à être jouées sur Guitar Hero, ce n’est pas bien.
Mais tout est relatif car « Intimacy » est sorti sur internet (officiellement) 3 mois avant sa sortie CD et c’est peut-être là l’unique comparaison qu’on pourrait faire avec Radiohead.
*Kriptos : marque de roues pour patins à roulettes qui a par extension remplacé l’expression patins à roulettes pour le mot Kriptos. On ne disait plus « attends je reviens je vais chercher mes patins à roulettes » mais « Ziva attend je vais get mes kriptos ».
Extrait Video:
Clip du titre Mercury